Paysan, c’est « ma » job

Une hirondelle pour le printemps ? C’est l’histoire de producteurs de semences canadiens, possédant près de 2400 ha en cultures commerciale dans la région canadienne de Lanaudière. Et voilà que ces gens là décident de passer au bio. Avec le bon sens paysan : on peut mieux gagner sa vie et retrouver le plaisir du travail de la terre. Et aussi une certaine fragilité face au vivant…

Extrait de l’article du site La terre de chez nous présentant cette étonnante conversion nord-américaine

 « Je sentais que je plafonnais. J’avais besoin de nouveaux défis. Avec le bio, c’est le retour à l’école; tes deux seuls intrants, c’est ta terre et ta tête! » affirme, l’œil souriant, Sylvain Raynault, copropriétaire de la Ferme Bonneterre, près de Joliette. Le prix offert pour les cultures biologiques, par exemple, du soya à 1 100 $/t et du maïs à 500 $/t – plus du double des conventionnelles – ont également attiré les producteurs, qui y voient l’occasion de tirer davantage profit de leur expertise au champ. Denis Champagne, de la Ferme Diane & Denis Champagne à Lanoraie, mentionne de surcroît un retour à sa passion, l’agriculture. « Notre entreprise a pris de l’expansion. Avec 1 000 hectares, tu passes plus de temps en pick-up, au bureau et à gérer tes employés que dans le champ. Avec le bio, je veux diminuer mes superficies cultivées et retourner derrière le volant du tracteur. C’était ma job du début, et ça me manque », confie-t-il. Ce producteur envisage une mise en marché de ses grains biologiques plus directe, avec moins d’intermédiaires. « Contrairement au bio, dans le conventionnel, le marché est très volatil. Hedger des prix, et être branché sur mon ordinateur du matin au soir, parfois même la nuit, j’ai connu ça. Le bio pour moi sera non seulement un retour à la terre, mais un travail plus sain, moins stressant », analyse-t-il.

Pari risqué

Après mûre réflexion, Denis Champagne et sa femme Diane ont décidé de passer au bio le même jour que Sylvain Raynault. Un pur hasard. Denis Ouellet, de la Ferme Domaine du Parc, a emprunté la voie du biologique quelques semaines plus tard. Les trois entreprises savent toutefois que l’aventure n’est pas sans risques. « La transition m’apeurait. Trois ans à produire comme du bio, sans avoir les prix du bio, ça peut être difficile. La gestion de l’azote et du phosphore n’est également pas évidente. Et tu peux scraper le champ au complet en commettant une simple erreur culturale, chose que nos copains en conventionnel vont nous faire remarquer avec plaisir! » note M. Raynault. « Certains nous ont dit qu’on allait se planter. Je leur réponds : on verra bien », conclut M. Champagne.

DL

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