Une histoire de baobab…

Une fois n’est pas coutume, nous publions ici une histoire pour enfants. Qui, comme toutes les histoires pour enfants, sont d’abord des leçons pour les plus grands. Merci à Jean Yves Clavreul de nous l’avoir transmise.

Je suis dans la cour  d’une famille Camerounaise dans la ville de Garoua. Malgré ma stature imposante personne  ne fait plus attention à moi.  Pourtant  je connais tous les secrets de la cour, j’y ai  vu naître  bon nombre  des membres de la famille. Je participe à la vie de chacun et je partage  avec eux ce qu’ils estiment de meilleur. Je  suis toujours de la fête, car mariage, naissance ou funérailles je fais parti du repas. On utilise mes feuilles pour préparer la délicieuse sauce qui accompagne les plats. De mon fruit, aussi appelé pain de singe les femmes préparent une délicieuse boisson.

Dans cette famille, je suis arrivé discrètement sans faire de bruit et je me suis installé à proximité du mur de clôture, non loin de la cuisine. Lors de la préparation de la boisson à base du fruit du baobab. Je fus jeté et piétiné. Puis, j’ai germé, grandi et les occupants  de la maison ont eu  la bonne idée  de me protéger. Très rapidement mon tronc s’est formé. Dès la première année, j’ai donné  suffisamment de feuilles pour préparer quelques sauces enrichissant la boule de mil de la famille.

La maîtresse de la maison veille sur moi et me gratifie régulièrement de cuvettes d’eau quand elle prépare les repas. Les premières années, ce traitement de faveur a bien facilité  ma croissance. C’est ainsi que j’ai pris place et grandi  dans cette famille. Les uns et les autres remarquaient  que je grandissais  et grossissait plus vite que les autres baobabs  de la brousse. Assez vite, je connu mes premières fleurs et mes premiers fruits. Alors ma frondaison généreuse était régulièrement  et violemment plumée de mes feuilles tendres et n’épargnant pas mes petites branches. Néanmoins, je reverdissais joyeusement dès les premières pluies.

Un jour, un jeune enfant de la maison ne pu s’empêcher  de poser une question à son père «  Dis pourquoi papa  notre baobab ne donne-t-il plus  de belles fleurs et de gros fruits ? »  Le père fut surpris  de la question et répondit « ce que tu dis c’est la vérité » « Nous coupons  trop les petites  branches de notre baobab et nous devrions toujours en laisser quelques unes. Ainsi, il pourrait refleurir  et donner à nouveau des fruits » Le soir même, à la lueur de la lune, le chef de la famille a rassemblé toutes les personnes de la concession. Il leur  demanda  faire silence et de me regarder. Alors toutes les têtes  se levèrent et tous les  yeux se tournèrent  vers moi. Ce soir là, j’étais devenu important.

Le chef de famille déclara  « Ce baobab est pour nous une grande richesse, il nous donne  chaque année beaucoup de feuilles pour la sauce que nous aimons tant. Mais le baobab ne donne plus de fleurs, ni de fruits car nous coupons toutes ses petites branches « « Nous devons jardiner notre baobab et les fleurs et les fruits reviendront. Pour moi, jardiner vous dire prendre soin de notre baobab» Désormais, je vous demande de ne plus couper les branches sur un coté  ainsi les fleurs et fruits reviendront »

La consigne fut bien respectée et les années qui suivirent je portais à nouveau  beaucoup de fleurs et de fruits. Puisse cette nouvelle se répandre dans tout le Sahel. Les baobabs seront tous jardinés et porteront beaucoup de fruits.

Jean Yves CLAVREUL

 

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