Impressions -durables ?- après un séjour à Calcutta

Christine Lang (groupe Saint Lambert) – Arche Internationale

On m’avait pourtant prévenue, mais j’ai été saisie dès la descente d’avion, par la pollution incroyable qui règne dans cette ville. L’air est littéralement saturé de poussière… et je me demandais ce que peut signifier, dans un tel contexte, la lutte contre la pollution.

Puis sont venues les images -nous étions à Tangra, un des quartiers les plus pauvres de la ville- de très grande pauvreté dans laquelle vivent les personnes. Les habitations sont des abris de fortune -les moins « fortunés » dorment à même le trottoir-, les décharges sont en pleine rue et sont aussi des terrains de jeu, la circulation est d’une densité invraisemblable, motos d’un autre âge, voitures, camions de toutes tailles, autobus enragés, conducteurs de rickshaws qui se faufilent dans ce chaos… Impossible à raconter…
et je me demandais comment réfléchir, dans un tel contexte, aux questions de développement.

J’en venais à me dire qu’il était bien facile de se pencher sur ces questions dans mon monde à moi, sécurisé et confortable.Et pourtant…
Le dimanche nous avons eu l’occasion de nous rendre à une célébration dans la maison où vivait Mère Teresa. Là le prêtre commence son sermon par un appel à une prise de conscience sur les problèmes liés à la question climatique… Le lendemain je voyais, dans la maison où je logeais, l’affiche d’une ONG qui mène des actions de sensibilisation contre l’utilisation des OGM dans les régions agricoles…
Un autre jour, en discutant, j’ai appris la lutte menée dans une région proche de Calcutta contre l’installation d’une usine de construction automobile par Tata. Mon interlocuteur m’expliquait que l’Etat lui-même soutenait ce projet, -qui impliquait d’exproprier 20000 paysans vivant de leur agriculture sur des terres très fertiles-, au prétexte que la région avait besoin de se développer. Oui, me disait mon interlocuteur indien, nous avons besoin du développement, mais pas à n’importe quel prix…

L’Inde est décidément bien surprenante, qui se débat avec des problèmes de développement gigantesques, et qui voit se lever, en même temps, des personnes, des groupes, des organisations qui ne se laissent pas aveugler par le leurre d’un développement non contrôlé et donc sans avenir. L’espoir est alors permis.
Quand on sait combien de temps il a fallu pour qu’en Occident cette prise de conscience démarre, je me dis qu’entre peuples dits développés et peuples dits en développement, nous avons vraiment un chemin d’humanité à faire ensemble, que nous avons vraiment à nous laisser enseigner les uns par les autres.
Et cette mutualité me paraît incontournable si nous voulons sincèrement habiter la Terre d’une manière renouvelée.

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