Pauvre d’être riche…

Dominique Lang – Groupe Saint Lambert

C’est tout le terrible paradoxe du Congo. Une terre regorgeant de richesses naturelles qui, au lieu d’aider la population locale à se développer, sont exploitées scandaleusement et alimentent intérêts et conflits de petits chefs de guerre.

« La guerre a recommencé et on compte déjà plus de 5 millions de morts. Une guerre paravent pour couvrir le saccage des richesses minières du pays où 70% des 60 millions d’habitants vivent avec moins d’un dollar par jour ». »Goma est devenue une prison où les vivres commencent à manquer », affirme un communiqué des missionnaires qui dénoncent des violations des droits de l’homme dans l’est du Congo. Le document rappelle la prise de position des évêques congolais qui dénoncent les crimes commis contre la population congolaise : « Les conséquences sont énormes : encore des milliers de morts, des populations condamnées à fuir et à errer dans des conditions inhumaines, des enfants et des jeunes contraints de s’enrôler comme soldats dans des groupes armés… Un drame humanitaire sous nos yeux qui ne peut laisser personne indifférent. » » Non à la guerre et au saccage des ressources naturelles » écrivent les évêques. I (source : Fides et Misna)

A celui qui a souci de la terre, comment ne pas se soucier de ce qui se passe au Congo en ce moment ?

A quelques centaines de km de là, dans l’autre Congo (Brazzaville), s’est déroulé au même moment, fin octobre, un Forum mondial du développement durable organisé à l’initiative de la revue Passages, réunissant notamment les six pays africains qui se partagent les 227 millions d’ha du formidable massif forestier tropical de la région. Le deuxième au monde après celui de l’Amazonie.  Une forêt aussi menacée par une déforestation mitant les territoires et exploitant les ressources naturelles. Changements de pratiques agricoles pour les plus pauvres et fin de la corruption pour les plus riches, voilà l’incontournable équation. « L’Afrique centrale a échoué à produire des richesses pour le plus grand nombre parce que nos gouvernants se sont comportés avec nos ressources naturelles comme de véritables prédateurs », dénonce Mwayila Tshiyembe, directeur de l’institut panafricain de géopolitique. L’article du Monde qui rend compte de ce Forum explique combien il serait nécessaire de prévoir un mécanisme de rémunération de ces pays pour la préservation de ce poumon vert… Tout en décrivant la difficulté de la mise en oeuvre d’une telle mesure financière… redoutant qu’une manne financière liée à la forêt ne subisse le même sort qu’une grande partie de l’aide au développement.

DL

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