Vive Antonio Ledesma !

Une information qui me fait un grand plaisir. Enfin ! ai-je envie d’écrire. Enfin, une grande voix catholique s’élève contre l’industrie criminelle des biocarburants. Je lis ce 23 mai 2008 que l’archevêque de Cagayan de Oro (Philippines), Antonio Ledesma, vient d’interpeller le gouvernement de Manille en lui rappelant une forte évidence : la nourriture passe avant les biocarburants.

Aux Philippines comme dans toute l’Asie du Sud-Est, on plante massivement des palmiers à huile destinés aux biocarburants – cela rapporte beaucoup – au détriment des cultures vivrières. Si vous lisez l’anglais, je vous invite à jeter un oeil au lien suivant. Vous y lirez une déclaration de l’archevêque, qui déclare notamment : « Le prix du pétrole augmente, mais celui de la nourriture aussi. Et je pense que la nourriture est une chose plus importante ».

Fabrice Nicolino

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Une réflexion sur “Vive Antonio Ledesma !

  1. Nous sommes à la veille d’une grande campagne anti agrocarburant et nous avons raison de nous élever contre cette pratique d’utilisation des terres fertiles pour produire du carburant. Si cette généralisation de mise en culture des agrocarburants sur les terres fertiles devait se poursuivre il y aurait péril en la demeure. Mais il y a plantation et plantatation c’est ce que je démontre dans un article qui était destiné au journal La Croix et qui n’a pu être publié. je vous le mets ci-après.
    Une décision Européenne qui peut faire basculer le sort de millions de pauvres

    En lisant un article de La Croix « L’Europe maintient son objectif de 10% de biocarburants en 2020 » Je ne puis m’empêcher de réagir surtout quand je lis plus loin dans l’article les propos du porte-parole d’Andris Piebalgs , commissaire à l’énergie, l’achat de biocarburants « à des pays pauvres » comme ceux d’Afrique-Caraïbes- Pacifiques (ACP) « vaut mieux que de donner davantage d’argent encore au pays riches avec un pétrole à100 dollars ».

    Alors les biocarburants seront-ils une source de problèmes
    ou une chance pour la restauration de l’environnement des savanes des pays pauvres ?

    Le jatropha devient un arbuste miracle on ne parle que de lui. Du Sénégal en passant par le Mali, le Burkina Faso, le Cameroun, La RDC, La Côte d’Ivoire, Madagascar… tous les pays veulent se lancer dans la production d’huile de Jatropha.

    Il y a plus de trente ans que j’entends parler du jatropha comme d’une plante miracle pour la production de biocarburant. Son heure n’était pas encore venue, car le prix de l’or noir n’était pas suffisamment élevé. Aujourd’hui, avec un baril à cent dollars, la culture du jatropha devient une réponse pour produire localement du carburant.

    Subitement, les pays pauvres sont séduits par la possibilité de produire et de vendre des biocarburants même en réalisant des grandes plantations sur des terres fertiles. Le Sénégal prévoit des plantations de jatropha sur une surface de 10.000 ha . Madagascar et bien d’autres pays voudraient aussi se lancer dans la mise en place de grandes plantations de jatropha avec des unités de transformations.

    Au Sénégal la production de biocarburant à partir du jatropha présente un grand intérêt sur le plan économique. Néanmoins, j’y vois aussi un espoir pour l’amélioration de l’environnement dans ce pays soumis comme beaucoup d’autres à l’érosion hydrique et éolienne. Le jatropha ou purghère est un arbuste qui est rustique et non consommé par le bétail. Alors il devient une plante idéale pour réaliser des clôtures sous forme de haies vives autour des champs. Dans ce cas il remplacera avantageusement les euphorbia basamiféra (Salane), qui furent plantés au Sénégal et dans bien d’autres pays sahéliens seulement dans le but de lutter contre l’érosion.

    La plantation de haies vives avec des jatrophas pourra ainsi assurer plusieurs fonctions :
    1. Clôturer les champs pour éviter les dégâts causés par les animaux en divagation ;
    2. Faire séjourner les animaux, la nuit, dans les champs après les récoltes afin qu’ils y apportent du fumier pour de fertiliser les sols ;
    3. Créer un bocage avec des haies vives en jatropha où des arbres fourragers ou fruitiers pourraient être semé ou plantés tous les 5 ou 10 mètres. Les jatrophas assurant la protection des plants contre les dégâts du bétail ;
    4. Lutter contre l’érosion par la mise en place de haies vives en courbes de niveau avec des jatrophas ;
    5. Recharger la nappe phréatique beaucoup de villages souffrent d’un manque d’eau. Les nappes phréatiques ne cessent de baisser. La mise en place de haies vives en jatropha ou autres est vitale pour les populations rurales.
    6. Enfin créer un véritable maillage par les haies vives en jatrophas autour des champs cultivés pour faciliter la mise en place d’un cadastre et établir des titres fonciers.

    Sur le plan de la gestion durable de la terre et des arbres, les propositions ci-dessus pourraient constituer une véritable avancée sur le plan écologique. Chaque famille pourrait ainsi bénéficier de plusieurs centaines de mètres de haies vives de jatrophas ce qui lui apporterait des revenus supplémentaires dans le budget familial, sans compter les fruits, le bois et le fourrage produits dans les clôtures des champs.

    La solution de grandes plantations de jatrophas pour la production de biocarburants est une autre hypothèse, mais elle ne rendra pas les mêmes services aux familles et ne participera pas à la restauration de l’environnement indispensable à l’ensemble des populations vivant dans des écosystèmes fragiles. ( celles-ci si elles se mettent en place , elles devront être situé sur les bassins versant pour faciliter la recharge des nappes phréatiques . Ce qui est un autre enjeu non négligeable pour les populations villageoises.

    Par ailleurs, pour les pays qui veulent se lancer dans la diffusion rapide du jatropha, il sera certainement utile de créer au niveau de chaque région des plantations assez importantes afin de multiplier les boutures et produire les graines qui seront uniquement consacrées aux semis et non à la production d’huile.

    Enfin, si l’Europe à l’intention d’importer des biocarburants des pays pauvres elle doit le faire en aidant, dès maintenant, les 40.000.000 d’habitants au sud du Sahara, et les autres pays pauvres, à restaurer leur environnement en préservant leur potentiel de terre fertile.

    Jean-Yves CLAVREUL

    Tél. 00 33 (0) 2 31 34 99 26
    Courriel jean-yves.clavreul@wanadoo.fr

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