L’homme qui plantait des arbres

En 1953, l’écrivain Jean Giono offrait au monde une merveilleuse histoire. Celle d’un homme, Elzéar Bouffier, qui, patiemment, des années durant, planta, jour après jour, des milliers d’arbres qui, peu à peu, ont transformé sa lande stérile en un paysage riche et verdoyant.

Si vous ne connaissez pas ce texte, vous pouvez par exemple le découvrir sur :

http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Homme_qui_plantait_des_arbres.

Jean Giono a toujours refusé de toucher des droits sur ce texte, parce que pour lui, il était comme une parabole de sa passion pour les arbres et de leur pouvoir de vie pour les humains. Le texte fut diffusé à des centaines de milliers d’exemplaires à travers le monde. Au point que l’auteur dut, à différentes reprises, s’expliquer sur son texte. Il écrit ainsi en 1957 à un conservateur des Eaux et Forêts :

Cher Monsieur,

Navré de vous décevoir, mais Elzéard Bouffier est un personnage inventé. Le but était de faire aimer l’arbre ou plus exactement faire aimer à planter des arbres (ce qui est depuis toujours une de mes idées les plus chères). Or si j’en juge par le résultat, le but a été atteint par ce personnage imaginaire.

Et voici que l’actualité rejoint la fiction. Le dernier lauréat du prix Goldman, récompensant des hommes et des femmes acteurs dans les domaines de l’écologie, a été remis à Jesus Leon Santos. Avec d’autres, il a fondé, dans une région aride et désolé du Mexique un petit groupe de paysans qui ont décidé de transformer leur environnement.

« Ensemble, ils ont planté plus d’un million d’arbres issus des variétés locales, construit des km de digues pour retenir l’eau et éviter l’érosion des sols, et adapté des pratiques traditionnelles indigènes (Mixteca) pour restaurer l’écosystème régional. Les efforts sont payants puisque les collines environnantes reverdissent à vue d’oeil, les couches aquifères se rechargent en eau et l’immigration massive est à la baisse puisque des familles de fermiers locaux trouvent à nouveau des conditions pour vivre sur place. » On trouvera la suite de cette aventure sur :

http://www.goldmanprize.org/2008/northamerica

Le texte de Jean Giono se terminait ainsi et s’applique avec bonheur à l’aventure de Jesus Leon Santos et de tant d’autres à travers le monde :

« Quand je réfléchis qu’un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais, quand je fais le compte de tout ce qu’il a fallu de constance dans la grandeur d’âme et d’acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d’un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette oeuvre digne de Dieu. »

DL

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