L’énergie et l’agriculture, le couple infernal

(Contribution proposée par Marc, lecteur du blog)

Ne nous focalisons pas sur les agrocarburants car le mal est plus profond, d’ordre structurel. voici présentation d’un domaine méconnu, celui de l’énergie non renouvelable consommée par la production agricole. L’agriculture qui transforme l’énergie solaire devrait être productrice nette d’énergie, elle ne l’est quasiment plus depuis longtemps à cause des intrants : engrais azotés, carburants, pesticides, électricité, matériel.

Le diagnostic énergétique d’une ferme céréalière donne environ une consommation énergétique totale en équivalent litre de fioul de 500 litres, en élevage laitier, on passe à 1000 litres. principal fautif : l’azote.

L’engrais azoté est le talon d’Achille de l’agriculture : il est fait à partir de l’azote de l’air combiné au gaz naturel (1.3 mètre cube de méthane par kilo d’azote !) ; avenir bouché faute de ressource. D’autre part cet azote (150 millions de tonnes synthétisées par an ds le monde), injecté dans le système alimentaire ne boucle pas son cycle comme on le voit dans tous les livres, une partie devient N2O , puissant gaz à effet de serre, (5 g par kilo d’azote épandu), une partie au niveau des élevages s’échappe en ammoniac et retombe dans les environs, favorisant orties et ronces et autres plantes nitrophiles, plantes totalitaires qui font disparaître les autres, grave menace donc pour la biodiversité.

la solution (qui fait sourire mais elle est incontournable car on n’est pas prêt de fabriquer l’engrais avec des agrocarburants) est d’une part dans la plante de la famille des LEGUMINEUSES (luzerne, trèfle, lentille…). Elle produit l’engrais azoté naturellement, elle nourrit aussi les hommes directement (solution au nourrir le monde), elle est transformée en protéine noble par les herbivores qui valorisent bien les territoires difficiles.

D’autre part le recyclage des matières organiques pour maximiser les sources d’azote.

Une réorientation GLOBALE de nos systèmes alimentaire et de production s’impose sinon le durable ne restera qu’un mot pour continuer à faire du profit au détriment des pauvres.

Marc, enseignant en écologie, spécialiste en questions agroenvironnementales (groupe “écologie et foi” TROYES)

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