Du nouveau au Liban

Je ne vous apprends rien : le désordre le plus affreux règne au Liban, où la guerre civile menace de reprendre chaque jour ou presque. Raison de plus pour se réjouir de l’initiative prise il y a une année par la faculté de théologie de l’Université antonine de Beyrouth.

Cette dernière a décidé de confier au journaliste et président du Parti libanais de l’environnement, Habib Maalouf, un cours sur la « philosophie écologique », une grande première au Liban et même dans le monde arabe. Dans un entretien au quotidien L’Orient-Le Jour du 26 juin 2008, Maalouf livre un point de vue général sur cette formation originale.

Je vous livre ci-dessous un large extrait de l’article :

« Les théories philosophiques dominantes au cours des siècles et jusqu’à nos jours ont toujours eu tendance à considérer l’homme comme étant au centre du monde, poursuit-il. Cet ego surdimensionné que l’on retrouve dans tous les courants de pensée a fait que l’homme voulait en permanence dominer la nature et la maîtriser. C’est, à mon avis, le fléau principal qui mène actuellement à la destruction systématique de l’environnement dont nous sommes témoins, sans aucune considération pour le droit des autres espèces à la vie. »

Quelle réponse devrait-on, selon lui, apporter à cette destruction de l’environnement ? M. Maalouf constate que beaucoup comptent sur la technologie pour rectifier le tir, or celle-ci, pour lui, ne peut suivre un rythme d’évolution assez rapide pour contrer une dégradation accélérée des milieux naturels. « Actuellement, on remarque que le débat tourne surtout autour des moyens de s’adapter au changement climatique plutôt que de la manière de le freiner », dit-il.
Or pour lui, la voie à suivre ne fait pas de doute. « Nous sommes obligés de remettre en question notre mode de vie, et, par extension, notre philosophie de vie, précise-t-il. Et pour ce faire, c’est à la philosophie elle-même d’apporter des éléments de réponse. » Beaucoup, cependant, diraient que l’on n’est plus à l’époque des grandes théories philosophiques… Parler de philosophie écologique, n’est-ce pas aller à contre-courant ? « La philosophie a cette habitude de creuser la tombe des idées qui prétendent l’enterrer », répond-il non sans humour.

Le droit des générations futures
Vu que la discipline en soi est nouvelle et innovative, quels auteurs enseigne-t-il à ses étudiants ? « Je ne peux citer des philosophes écologiques, si on peut les appeler ainsi, parce qu’ils n’existent tout simplement pas encore sous ce titre, souligne M. Maalouf. Mais je fais référence à des auteurs qui ont approché ce sujet, comme Eric From, auteur allemand de Avoir ou être, un ouvrage publié dans les années 70. Il avait soulevé, sans s’en rendre compte, toutes les problématiques qui taraudent les écologistes aujourd’hui. Il y a aussi Herbert Marcuse, auteur de L’Homme unidimensionnel, un grand critique de la société industrialisée et de consommation. »
Les étudiants en théologie ont-ils accepté facilement cette remise en question de la place de l’homme dans le monde, surtout que c’est aussi celle consacrée par la religion chrétienne ? « C’est un défi, mais il y a des notions qu’ils ont intériorisées et qui leur permettent de faire une lecture critique, répond-il. D’un autre côté, il faut reconnaître que si la religion n’est pas d’accord sur ce point, la vie monacale en elle-même se rapproche beaucoup, dans sa tradition, des exigences de l’écologie moderne, puisqu’elle prône, entre autres, de se rapprocher de la nature. »

J’espère que cela vous aura autant intéressé que moi.

Fabrice Nicolino

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Une réflexion sur “Du nouveau au Liban

  1. La Cité du Vatican, premier Etat souverain « à zéro émission» de CO2

    « Le tourisme relève le défi du changement climatique »

    ROME, Lundi 23 juin 2008 (ZENIT.org) – « La Cité du Vatican est devenue le premier Etat souverain ‘à zéro émission’ d’anhydride carbonique », soulignent le cardinal Martino et Mgr Marchetto.

    Le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement publie son Message pour la Journée mondiale du Tourisme 2008 qui sera célébrée le 27 septembre prochain sur le thème : « Le tourisme relève le défi du changement climatique ». Un message signé par le président de ce dicastère, le cardinal Renato Raffaele Martino, et le secrétaire, Mgr Agostino Marchetto.

    Cette journée est promue par l’Organisation mondiale du tourisme, et l’Eglise appuie cette initiative en invitant toutes les Eglises particulières à faire connaître la vision chrétienne du tourisme à rappeler la responsabilité pastorale de chacun y compris pendant le temps du repos, et du divertissement, de la culture et de la connaissance, de la détente physique.

    « Le message rappelle les valeurs chrétiennes selon lesquelles sur la terre, don de Dieu, tous, surtout les touristes, nous devons cultiver l’éthique de la responsabilité, qui implique aussi le respect de l’avenir et des conditions écologiques et climatiques, pour le rendre possible. Le monde du tourisme, en effet, peut contribuer à freiner l’escalade du changement climatique préoccupant, par une attitude non égoïste, mais en promouvant une culture du tourisme durable, en respectant et en encourageant une culture ‘verte’, en développant une austérité joyeuse », résume un communiqué du dicastère.

    Le message est disponible en 5 langues : français, italien, anglais, espagnol et allemand.

    « La Cité du Vatican est devenue le premier Etat souverain ‘à zéro émission’ d’anhydride carbonique (C02) avec la création, en 2007, d’une zone boisée en territoire hongrois, lui appartenant. Ce plan, visant à régénérer la végétation, constitue un engagement écologique significatif vis-à-vis de notre planète, de la part de l’Eglise catholique dans son expression la plus haute », affirme le message.

    Le document précise qu’il s’agit d’un « témoignage supplémentaire indiquant combien ce problème tient à cœur au Saint-Siège est fourni par le projet d’un équipement photovoltaïque à panneaux solaires qui procurera à la Cité du Vatican une quantité d’énergie quotidienne couvrant une partie importante de sa consommation totale ».

    Ce sont donc « deux exemples concrets qui doivent faire réfléchir au difficile avenir écologique concernant les changements climatiques de la planète, au fléau de la déforestation et au phénomène du réchauffement du globe ».

    Le document rappelle que « 900 000 personnes se rendent en voyage touristique à l’étranger (et l’on prévoit qu’elles seront 1, 6 milliard en 2020) », or, « leurs déplacements, par avion, par mer et par terre, utilisent des carburants polluants et les hôtels qui les accueillent, avec des équipements à air conditionné, provoquent des émissions de gaz nocifs ».

    Le document affirme la responsabilité du touriste en disant : « Le touriste – au service duquel nous proposons une pastorale spécifique – par son attitude peut, en effet, contribuer à maintenir en vie la planète et à freiner l’escalade d’un changement climatique qui nous alarme. On peut donc choisir – il existe toujours deux voies devant nous – d’être touriste contre la terre ou en sa faveur, par exemple en marchant à pied, en préférant les hôtels et les lieux d’accueil plus en contact avec la nature, en emportant moins de bagage, afin que les moyens de transport émettent moins de quantité d’anhydride carbonique, en éliminant les déchets de façon appropriée, en consommant des repas plus « écologiques », en plantant des arbres pour neutraliser les effets polluants de nos voyages, en préférant les produits de l’artisanat local à d’autres plus coûteux et nocifs, en se servant de matériaux recyclables ou biodégradables, en respectant la législation locale et en mettant en valeur la culture du lieu que nous visitons ».

    Le message en appelle aussi au « sens de la limite, contre le progrès fou et à tout prix, en fuyant l’obsession de posséder et de consommer ». Et de préciser que « Le sens de la limite se cultive aussi lorsque l’on reconnaît l’altérité entre semblables et la transcendance du Créateur par rapport à ses créatures. Il existe quand nous ne prenons pas la place de ceux qui sont à côté de nous et quand nous accordons aux autres les droits que nous réclamons pour nous. Cela signifie que nous nous ouvrons à la conscience de la fraternité sur une Terre qui est à tous et pour tous, aujourd’hui et demain ».

    Plus encore, il s’agit de la responsabilité de tout baptisé vis à vis des générations à venir, souligne le document : « Chaque être humain – et le chrétien davantage encore – doit répondre de la planète durable, de la qualité de notre terre, qui sera aussi celle des prochaines générations ».

    Il s’agit aussi d’une forme de charité, souligne le document en disant : « Il est nécessaire de cultiver la charité envers la terre aussi, en désarmant la logique de la mort et en encourageant l’amour pour ce cher espace qui nous appartient à tous, dans la mémoire du don, dans la responsabilité de chaque instant et dans le service constant de la fraternité, notamment en vue de ceux qui viendront après nous ».

    Anita S. Bourdin

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